Philippe, c'est pas forcément le prénom de ton oncle génant !


Philippe, ou LE Philippe comme on a pris l'habitude de l'appeler, c'est un bar queer qui a ouvert le 19 juillet 2025 à Bordeaux dans le quartier Saint Paul. Contrairement aux autres rares lieux communautaires qui subsistaient dans la ville, c'est n'est pas un bar qui se dit LGBT pour la com mais qui, en réalité, serait par et pour des cisgays.

NON, c'est un bar QUEER tenu par des personnes avec des convictions, qui accueille donc toutes les personnes LGBTQ+ sans discriminations âgistes, misogynes, racistes, transphobes, validistes ou lgbtphobes, etc car, spoiler, il y a des cisgays qui bandent sur Bardella, des lesbiennes transphobes, des personnes trans follophobes, etc.
Faire partie de la commu ne préserve malheureusement pas des propos et comportements problématiques et quand t'es une personne minorisée c'est très violent de ressentir ça dans un lieu supposé t'accueillir convenablement et dans lequel tu ne te sens finalement pas en sécurité.

Ce lieu est un bar de quartier ouvert tous les jours de l'après-midi jusqu'à la nuit et qui pratique des tarifs tout à fait classiques et abordables contrairement aux "pop-up stores à matcha revisités" de l'hypercentre et à d'autres lieux communautaires qui n'ouvrent qu'à la nuit tombée, pratiquent des tarifs élevés et se cachent derrière des vitres opaques.
Au Philippe, on ne vit pas dans la honte ni caché·e·s : on y va en plein jour, on peut y être flamboyant·e en terrasse, y venir boire un verre avec son chien, habillé·e·s en full drag après un gig et embrasser son ou ses amoureux·se·s sans jugement.

Alors évidemment, certain·e·s me diront que c'est plus cher que des lieux associatifs et je l'entends parfaitement mais, sous le capitalisme, il faut malheureusement faire rentrer des sous pour payer les charges et les salaires et même si j'adore les lieux DIY, ils se font de plus en plus rare et ont des difficultés importantes à survivre.
Entre le capitalisme, la gentrification et notre cher maire de droite, des lieux comme le regretté Void n'existeront plus.

J'aime y aller seul bouquiner l'après-midi en terrasse et, au gré des copaines qui passent, celleux avec qui on s'était donné rendez-vous et des rencontres avec des inconnu·e·s, il arrive de finalement de partir tard ou de carrément faire la fermeture.

Le bar, victime de son succès, est souvent full dès l'apéro durant le weekend et dans la mesure où les locaux ne font pas 100m2, on se frôle parfois pour commander au bar et on se sert un peu sur les banquettes mais cette proximité facilite aussi les échanges.

ET LES RENCONTRES, C'EST UN POINT TRÈS IMPORTANT DE CE BAR ! 

Je vais développer mais d'abord, quelques lignes sur qui je suis pour un peu mieux cerner ce qui me plait au Philippe : Né en Dordogne à la fin des 70's, j'ai commencé à faire de la musique à 15 ans après avoir découvert The Cure et mon awakening pédé s'est fait en voyant des films indépendants avec Keanu Reeves, Stéphane Rideau et d'autres BG de l'époque mais aussi avec des musiciens de britpop comme Damon Albarn de Blur, Bowie ou le groupe Suede puis j'ai découvert le cinéma queer avec John Waters et Gregg Araki et ça a été un gros mindfuck car contrairement aux films gentiment gays que j'avais pu voir avant et dans lesquels je bavais en voyant une scène de baiser entre deux garçons alors que je n'en avais encore embrassé aucun, là c'était hyper transgressif, rebelle, parfois violent, sexuel et c'était des films qui disaient "La société ne veut pas de nous ? Ça tombe bien, nous ne voulons pas de cette société non plus !".

Et puis Divine, wow ! Quoi de plus iconique que de faire jouer une mère de famille (comme dans Hairspray ou Pink Flamingoes) par une drag queen grosse et trash ?

Je rêvais à l'époque de vivre dans les films de Gregg Araki car, en plus de montrer des personnages alternatifs avec des cheveux colorés, des tatouages, des piercings et à la sexualité fluide, les BO étaient incroyables avec plein de groupes alternatifs que j'écoutais à l'époque comme Cocteau Twins, Slowdive, Radiohead ou Marilyn Manson (qu'on cancel dorénavant car c'est une merde d'agresseur) ... Le pied absolu !

Je n'étais pas encore politisé mais j'avais déjà des valeurs de gauche transmises par ma mère et forcément liées à ma condition sociale de jeune issu d'un milieu prolo.

Avant même de connaitre le terme "queer" c'était ça l'image que j'en avais : être en marge, s'extraire des carcans normatifs de la société, être dans l'underground et la contre-culture. Être queer c'était être LGBT mais en plus vénère, en plus politique, en plus alternatif, en plus conscient.
C'est d'ailleurs pour ça que je me dis "pédé" car, pour moi, le retournement de l'insulte et son appropriation sont des outils politiques d'enpouvoirement. Tu penses m'insulter en me traitant de pédé ? Déso mais je sais déjà qui je suis, j'ai déjà entendu ce mot dans la bouche de tocards de ton genre depuis des décennies et je suis fier de ne pas te ressembler ! 

Jeune adulte, j'ai fui la campagne pour venir à la ville car en 1995, dans un monde sans internet et en étant un des deux seuls pédés du coin (l'autre est aujourd'hui une pédale flamboyante et sœur de la perpétuelle indulgence), je n'y avais pas d'avenir. D'autant plus que j'étais un peu "too much" pour l'époque et pour un si petit endroit !


Arrivé à Bordeaux, j'ai mis de côté la batterie et le "rock", rapidement découvert les nombreux lieux communautaires dans la ville -à l'époque, il y avait des bars exclusivement gays dont certains avec backroom, des bars exclusivement lesbiens mais aussi des bars et clubs ou toutes les personnes LGBTQ se retrouvaient (même s'il est vrai qu'à l'époque les personnes trans ne pouvaient pas être aussi visibles et out qu'aujourd'hui)- et j'ai découvert le clubbing, la house music, la techno et, de fil en aiguille je suis devenu DJ et j'ai commencé à composer de la musique électronique.
D'abord dans ces styles là puis, mon amour des musiques de niche m'a conduit vers plein de merveilles électroniques plus ou moins obscures et underground des 70's et 80's.

Le temps a passé, j'ai pu assumer pleinement qui j'étais et devenir une fière pédale.
J'ai fréquenté plein d'endroits, découvert la pédérité, lié des amitiés, fait du sexe avec des inconnus, eu des amants, des amoureux puis j'ai vieilli tout en naviguant dans différentes scènes et lieux liés à la musique et la création alternatives mais la fermeture progressive des lieux communautaires qui a conduit à un cruel manque d'offre et de diversité ont fait que je passais la majorité de mon temps entouré de personnes cishets.
Des personnes de gauche et progressistes évidemment mais qui même avec les meilleurs valeurs possibles restaient des personnes acceptantes et soutenantes mais qui, à part les copines qui mangent du sexisme h24 et les copaines racisées, n'ont jamais subi de rejet pour qui elles étaient.

Mais, de toute façon, avec mon background culturel, quelle pourrait être ma place dans des lieux qui diffusent à fort volume Britney Spears, David Guetta ou des remixes de Kylie Minogue ?
No offense si tu aimes ça, j'ai des morceaux 80's de Madonna et Whitney Houston parmi mes plaisirs coupables mais les chanteuses pop et l'EDM c'est vraiment pas ma culture musicale et quand tu te retrouves seul dans un bar où ces musiques sont balancées à un volume aussi fort que dans une discothèque, c'est très compliqué d'engager la conversation avec qui que ce soit et y'a aussi le risque de tomber sur un électeur du RN dans ces lieux qui se disent "apolitiques" (à mon sens, il faut être sacrément privilégié -je laisse volontairement ce dernier adjectif au masculin- et de droite pour ne pas voir et comprendre la réalité de nos existences qui sont politiques !).

Ce qui a fait qu'après la quarantaine, les seuls endroits dans lesquels je me sentais à ma place étaient un sauna queer de la rive droite (RIP le Container, j'ai passé des moments merveilleux chez toi et la musique était super !) où se croisaient plein de personnes différentes aux identités et sexualités plurielles et qui sortaient des carcans de la cishétéronormativité ainsi que les lieux de drague en extérieur (même si ces lieux ne sont pas exempts de violences masculinistes et patriarcales) car ce sont des lieux non marchands et où j'y croisais bien plus facilement des gars qui ne me rejetaient pas pour mon apparence (j'ai pas un look Celio beige, je suis piercé et tatoué), mon âge ou mon poids alors que dans les saunas gays et sur les apps de rencontres je ne valais plus rien car je n'ai ni muscles, ni grosse bite, j'y suis considéré comme vieux et je ne rentre pas dans les standards de beauté normatifs.

Je ne me suis jamais trouvé beau de toute façon et, finalement, les seuls lieux qui m'acceptaient encore étaient des lieux majoritairement adaptés à la consommation sexuelle même si celle-ci n'y est en rien obligatoire.
J'ai aussi passé des soirées et des nuits à y discuter avec des inconnu·e·s et des habitué·e·s mais ça reste quand même des lieux où j'ai fait du sexe rapide (et qui s'est finalement avéré nul et mécanique quand l'alchimie n'était pas là) mais aussi où j'ai expérimenté et passé de très bons moments que ce soit simplement en embrassant un joli barbu tatoué ou en faisant du sexe kinky avec un soumis et sa domina.

PUIS FINALEMENT, LE PHILIPPE A OUVERT !

J'avais déjà été hypé avant l'ouverture en voyant une story Instagram dans laquelle on voyait les drags Naomi Tall et Monicara se balader et coller des affiches dans les rues de la ville mais, surtout, la musique qui accompagnait cette vidéo c'était "Blue Monday", tube 80's du groupe anglais New Order et ça me parlait déjà beaucoup plus qu'Ariana Grande ! Je leur ai envoyé un MP d'encouragement dans la foulée.

Je n'y suis pas allé le soir de l'ouverture because la dépression tapait un peu fort ce jour-là et de toute façon, mes proches n'étant pas dispo j'avais peur d'y aller seul et de me retrouver dans une situation de rejet et mal à l'aise comme c'est déjà arrivé dans le passé. "Chat échaudé craint l'eau froide", tout ça !

J'y suis donc allé le lendemain, un dimanche aprèm et c'était super : musique présente mais pas trop forte et j'ai entendu Étienne Daho dans la playlist du jour, des personnes adorables derrière le comptoir, mes trois verres ne m'ont pas coûté une fortune (même si je ne dépense de toute façon plus autant d'argent au bistrot depuis que j'ai arrêté l'alcool) et j'ai croisé des personnes de différentes générations et pas que des cisgays blancs. Première expérience concluante !

Puis j'y suis retourné avec mes proches, avec des copaines, j'y ai recroisé des têtes "de la night" que je n'avais pas vues depuis un moment et rapidement, des personnes ont engagé la conversation sur le livre que j'avais dans les mains, sur mon t-shirt imprimé avec un personnage de jeu vidéo et j'ai fait de même en croisant un pierceur toulousain aux oreilles stretchées ou une meuf avec un t-shirt de P.J Harvey.

Alors Mimolette -que j'ai rencontrée là-bas- dirait que c'est parce que je parle trop (j'en ai bien conscience et ma psy m'a déjà évoqué un possible diag TDAH) mais ça m'a permis de rencontrer énormément de personnes différentes.
Parfois ce sont des personnes de passage mais j'ai aussi rencontré des membres de la scène drag locale, des personnes engagées politiquement et avec qui je suis ravi de pester contre Macron et ses âmes damnées, des queeros geeks avec qui on discute de jeux vidéos ou de Star Trek, des lesbiennes australiennes et des pédés anglais en vacances dans le coin, une meuf quinqua en début de transition, etc. J'y ai même emmené certain·e·s ami·e·s d'enfance (des cishets mais des bien) et iels ont adoré ce bar.

La raison est simple : ON S'Y SENT BIEN !

Et puis c'est plus qu'un simple bar, c'est un lieu de vie, de rencontre et d'émulation : Iels servent de très bons cocktails mais proposent aussi des scènes ouvertes pour les artistes LGBTQ (débutant·e·s ou plus confirmé·e·s), des shows drag, des concerts, des soirées jeux de société, des DJ sets, du karaoké, des contests de Mario Kart, des concerts, des viewings de Drag Race France ...

Pour en avoir parlé avec d'autres personnes neuroA comme moi, je sais que ce lieu fait énormément de bien à beaucoup de monde car il permet de tisser du lien, de retrouver de la camaraderie LGBTQ absente ailleurs et il est évident qu'il y avait une forte attente de la part de la commu après des années de médiocrité !

Et s'il fallait une énième preuve de la qualité des personnes qui ont ouvert ce lieu, j'ai été très touché de recevoir des MPs sur Instagram de la part des propriétaires des lieux alors que je ne venais plus car j'étais à l'époque pris dans un gros down de dépression bien vénère qui a duré des mois.
Ce n'était pas un message groupé pour me dire qu'il y avait des promotions sur une marque d'alcool ou m'encourager à prendre une place pour une soirée payante. Non, iels s'inquiétaient de ne plus me voir alors je leur ai ouvertement raconté ce que je vivais et quand j'ai finalement réussi à sortir de chez moi au printemps, ma première balade à vélo m'a conduit au Philippe où Naomi et Romain m'ont pris dans leurs bras à mon arrivée.

La difficulté de plein de personnes LGBTQ -moi le premier- c'est d'avoir des idées et des envies de créer des lieux et des événements communautaires mais pas d'argent pour financer tout ça. Aujourd'hui, c'est majoritairement les gosses de riches ou les gros groupes financiers qui ont facilement accès à ça grâce à leurs parents, leurs réseaux, leur assise financière, etc. Heureusement, Robin et Romain ont réussi à ouvrir ce lieu unique alors bravo à eux !

J'espère aussi que l'ouverture et le succès du Philippe donneront des ailes à d'autres personnes de la commu pour ouvrir d'autres lieux, que ce soit des bars, des clubs, des librairies, des lieux d'expo ou que sais-je encore car ça me dirait bien d'aller écouter un groupe de lesbiennes qui font du post-punk et renversent de la bière sur leurs Docs pendant le concert, ce serait super d'aller à un vernissage d'un·e photographe non-binaire dans une galerie tenue par sa compagne trans, d'aller dans une librairie tenue par un couple de séniors pédés maniérés qui défilaient fièrement en marinière et petits shorts dans les Prides des 80s ... Là aussi, il faut les fonds pour, c'est le nerf de la guerre sous le capitalisme.

En ces temps de backlash réactionnaires où l'extrême droite tente de nous invisibiliser ou carrément nous tuer -dans leurs rêves de fafs les plus humides- nous devons êtres visibles, fort·e·s et solidaires et le Philippe permet tout ça alors merci du fond du cœur !

J'écris ici mais tu peux aussi me follow sur Instagram ici : Moi, le gros pédé !

ON VIENT TOUT JUSTE DE FÊTER LE 1ER ANNIVERSAIRE DU BAR ALORS JE VAIS AJOUTER QUELQUES LIGNES :

Deux mois après la publication de cet article, on a eu droit à tout un weekend de fête afin de souffler la première bougie de ce merveilleux endroit et c'était mortel !
Ça a commencé le samedi avec un très long DJ set de Club Amour qui a propagé son amour du disco, de la synth-pop et de leurs dérivés de l'apéro jusqu'au bout de la nuit afin de faire profiter aux personnes en terrasse et à l'intérieur du bar de ses innombrables MP3 super funky. Méga bonne ambiance, une parfaite mise en jambes !

Puis est arrivée la grosse journée d'anniversaire le dimanche, 1 an jour pour jour après l'ouverture du bar avec un bingo animé dans la rue par les drags Bichon et Trudie Balls qui ont non seulement fait gagner plein de cadeaux (sauf à moi mais je pense que c'est un complot) mais ont aussi offert de super perfs entre lipsync et chant live !
Trudie a bien rappelé de voter Mélenchon en 2027. S'il remplace Macron (explosion) il parait qu'on aura des dimanches comme ça tous les weekends et je dis OUI !
De son côté, Bichon prenait le micro afin de chanter qu'il devrait être la star qu'il mérite d'être et c'est tout le mal que je lui souhaite !

Il faisait grand soleil mais pas trop chaud, temps parfait pour jouer et boire des coups avec les ami·e·s et copaines dans la rue et bien se marrer.
Mention spéciale aux queeros qui avaient l'alcool joyeux en milieu d'aprèm après "la bière qui fait basculer". Pendant que quelques rues plus loin les mecs cishets se tapaient dessus pour la coupe du monde de foot, nous on chantait et dansait comme des folles !

Après le bingo et les perfs, une première surprise arrive : Une grande banderole "Joyeux anniversaire Philippe" s'avance dans la rue et les personnes qui la tiennent se dévoilent, ce sont notre reine Elips et sa sœur Prudence cachées derrière.

Détail amusant : pendant les perfs des drags dans la rue, la plupart des piéton·ne·s et des cyclistes s'arrêtaient aux abords de la terrasse et attendaient que ce soit terminé pour passer. Néanmoins, Prudence ne s'est pas gênée pour s'allonger sur le capot d'un SUV qui voulait passer.

Romain nous a ensuite gratifié d'un beau discours rappelant ce que queer veut dire, du sens politique qu'il y a derrière, de l'inclusivité de notre commu et du lieu qu'il a ouvert avec son mari, du bonheur qu'il a de vivre au Philippe depuis 1 an (même si la fatigue liée à la charge de travail est immense) et de nous voir toustes aussi heureux·ses dans ce petit bar.

C'est une chose dont on parlait avec Elips dans l'aprèm : les artistes queer de Bordeaux aiment ce lieu et on essaie de lui rendre tout l'amour qu'il nous apporte en y participant activement, que ce soit des drags, des artistes de cabaret, des musicien·ne·s, des DJs ou des photographes et plasticien·ne·s qui y exposent.

Après tout ça on a dégusté des pâtisseries offertes par Dimitri et on s'est régalé·e·s en chantant et dansant dans la rue, des heures géniales à viber toustes ensemble avec Madonna, Britney, Donna Summer et les autres.
La rue était enfin à nous. Après les moments partagés durant la Pride et le mois des fiertés puis la fête de la musique, c'est vraiment la dolce vita qu'on mérite !

C'est d'ailleurs chouette et plaisant de constater certains comportements des habitué·e·s des lieux, on sent vraiment qu'on est chez nous : Des stickers militants tapissent dorénavant les WC même si certains stickers antifa sont arrachés par des personnes qui n'ont visiblement pas compris où elles étaient.

Rappel : dans les lieux queers les droitard·e·s et les fachos ne sont absolument pas les bienvenu·e·s !
Les deux fachottes des Crottes Pailletées ont déserté les lieux et d'autres peuvent les suivre. Si vous bandez pour Bardella, Le Pen ou Zemmour je vous recommande chaudement d'aller ailleurs.

En plus des stickers dans les chiottes, un élément bien précis retient mon attention depuis quelques temps : Maintenant, quand vient l'heure de la fermeture, les habitué·e·s ramènent les tables et les tabourets de la terrasse à l'intérieur pour aider à ranger. On est à deux doigts de passer l'aspirateur et faire la vaisselle avant de faire un bisou pour souhaiter bonne nuit après avoir bordé tout le monde !

Et puis durant cette première année, un parterre de stars locales ont fréquenté le bar et performé à diverses occasions mais aussi on a aussi eu des guests non-bordelais·es dont Soa de Muse, Sasha Velour ou encore Thibaut Pez et on a aussi vu le québécois Elyas avec un de ses amoureux en terrasse ... Le Festival de Cannes c'est du pipi de chat à côté !

C'est sans compter sur toustes les touristes venu·e·s de France, des USA, du Canada, d'Allemagne, d'Espagne, d'Australie et d'Italie qui sont venu·e·s boire et manger après avoir cherché "bar LGBT/bar queer" sur les internets, le Philippe étant le seul lieu communautaire de la ville ouvert en journée et disposant d'une terrasse.

Et surtout, contrairement à la soirée Powerboys dans le film Jim Queen, il n'y a pas que le G ici mais tout l'alphabet et tout le monde est très amical.
Venez seul·e au Philippe, vous ne le resterez pas longtemps !

Pendant cette année ce sont aussi des amitiés qui sont nées entre des personnes queer qui ne se seraient peut-être pas rencontrées ailleurs ou autrement, entre des personnes de différentes générations et ces amitiés concernent non seulement des client·e·s mais aussi des membres de l'équipe.
Quel plaisir de croiser des séniors LGBTQ et des kids queer de 20 ans au même endroit !

Tous ces moments sont infiniment précieux et on espère grandement que des politiques locales et/ou nationales à venir ne nous enlèveront pas le Philippe et les rares lieux queers en France. Les temps sont durs mais nos cuirasses le sont tout autant !








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